Signalons immédiatement que Mahamat Zen Bada, le nouveau Secrétaire Général du Mouvement Patriotique du Salut, a perdu son droit de voter.

L’article 5 du Code électoral rappelle sans ambiguïté que  « ne peuvent être inscrits sur les listes électorales (principalement) les individus condamnés pour crime ».

C’est le cas de Mahamat Zen Bada définitivement condamné par la Cour criminelle de N’Djamena le 28 décembre 2012 à cinq ans de travaux forcés et dix millions Fcfa d’amende. La Cour avait en outre ordonné la confiscation de l’ensemble de ses biens au profit de l’Etat qu’il a pillé.

Une peine de réclusion criminelle que, hélas, n’efface pas la grâce présidentielle que dans sa légendaire bienveillance Idriss Déby lui a accordée en 2014.

En effet, qu’on ne s’y trompe pas : la grâce présidentielle dispense seulement un condamné d’effectuer la peine prononcée à son encontre. Elle ne fait pas disparaître la condamnation qui reste mentionnée sur le casier judiciaire.

On ne voit donc pas comment un citoyen qui a perdu son droit de vote suite à une peine de réclusion criminelle puisse moralement être désigné pour diriger le plus grand parti politique du pays.

Cette désignation n’est pas sans susciter des interrogations quant à la confiance que le peuple tchadien pourrait encore accorder à Idriss Déby lorsqu’il invoque le terme « justice » dans ses divers discours.

Après 25 ans de règne guidé exclusivement par la tromperie, l’absence de transparence et la manipulation, Idriss Déby donne de plus en plus l’impression qu’il n’a jamais été un chef d’Etat mais qu’au contraire il a toujours été un simple chef d’un clan de combinards qui n’a nullement l’intention de construire un Etat de droit mais plutôt d’instaurer délibérément du désordre pour profiter des larges privilèges qu’offre l’exercice d’un pouvoir non démocratique.

Mahamat Zène Bada ne disait-il pas, lors de son procès, « J’ai servi un régime. Je suis victime d’un système que j’ai aidé à mettre en place » ?

Il est temps pour Idriss Déby de se réveiller.  

Les Tchadiens ont cessé d’être dupes.

Le Tchad est plus que jamais au bord de la guerre civile.

Par L.A et Hangaabi

Categories: ,

Laisser un commentaire