Des dizaines d’images postées sur facebook et tweeter montrent des rues de N’Djamena quasiment désertes ce mercredi 24 février 2016.
L’opération « ville morte » initiée par le mouvement « ça suffit » regroupement plusieurs associations de la société civile a été largement suivie. Des N’Djamenoises et N’Djamenois, qu’on ne pourrait sérieusement affubler de l’étiquette « opposant », ont confirmé que le mot d’ordre lancé par « ça suffit » a été plutôt une réussite.
Selon une dépêche de l’AFP : « Marchés déserts, boutiques fermées, circulation réduite : les Tchadiens ont largement suivi mercredi, à N’Djamena comme en province, le mot d’ordre « ville morte » de la plate-forme « Ca suffit » demandant le départ du président Idriss Deby Itno, qui veut se présenter pour un 5e mandat après 26 ans de pouvoir. Dans la capitale tchadienne, comme lors d’un jour férié, les deux grands marchés sont restés déserts, a constaté l’AFP.
Toutes les boutiques à travers la ville sont restées fermées, les élèves des lycées et collèges n’ont pas été en cours, la circulation des voitures et des motos-taxis était réduite.
Seules les banques et certaines sociétés privées étaient ouvertes dans le quartier administratif. Dans les ministères, plusieurs départements ont fonctionné au ralenti.
Ce mouvement anti-Deby, lancé du matin jusqu’à 13H30 locales (12H30 GMT), a été aussi bien suivi en province.
A Moundou, la deuxième ville du pays, il a même été « totalement suivi », selon un habitant joint au téléphone par l’AFP. « Même les motos-taxis ne circulent pas. C’est vous dire que ici, à Moundou, nous avons très bien respecté la ville-morte », a-t-il affirmé.
A Mao, dans le nord- ouest du pays, le marché hebdomadaire du mercredi a été fortement perturbé, selon un habitant.
Selon le porte-parole de la plate-forme « Ca suffit », Mahamat Nour Ibedou, le mot d’ordre a été également suivi dans les villes de Sarh (sud), Abéché (est) et Mongo (centre).
« Le mot d’ordre a été globalement très bien suivi et cela démontre que la population a pris conscience qu’elle peut exercer ses droits démocratiques », a-t-il déclaré à l’AFP.
« Cela traduit un ras-le-bol général, c’est la preuve évidente que le peuple rejette la candidature de Deby », a-t-il ajouté.
Un premier test en vue de la prochaine présidentielle ? Un appel du mouvement « ça suffit » à voter pour un parti de l’opposition causera sans nul doute d’énormes dégâts dans le camp présidentiel.
Idriss Déby et ses ministres, tel ce Ahmat Mahamat Bachir qui a perdu tout sang-froid depuis quelques jours, doivent tirer les leçons de la colère populaire exprimée pour corriger leur comportement.
Le mépris, l’arrogance et le mensonge ont aussi des limites.
Par Hangaabi avec AFP



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